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Souveraineté Numérique : La Charte de PlayFrance.digital

Source: PlayFranceDigital

Le collectif PlayFrance.Digital, né en avril 2020, réunit plus de 300 acteurs du numérique français, dont une majorité sont des entrepreneurs. Ce collectif milite pour un numérique souverain, c’est-à-dire la constitution d’un écosystème solide qui constitue une troisième voie, ni américaine (GAFAM & Co) et ni chinoise (BATX & Co). Nous souhaitons le développement de solutions françaises ou éventuellement européenne sur l’ensemble de la chaîne de valeur du numérique, du matériel au logiciel, en n’oubliant pas non plus les données, le nouvel or noir du développement de l’industrie du futur. Nous ne voudrions pas revivre l’équivalent du choc pétrolier, parce que nous n’aurions pas pris les bonnes mesures, ce dans une société phygitale qui s’est par ailleurs désindustrialisée gravement.

Une des mesures fortes portées par le collectif PlayFrance.Digital, c’est la volonté que l’état et les collectivités consacrent au moins 50% des son budget numérique aux acteurs français. Ceci avec le double objectif de permettre l’émergence d’un écosystème solide et durable et de nous affranchir d’une dépendance du secteur public à des acteurs étrangers, dont les événements récents nous ont montrés qu’ils ne sont pas nos amis… Ceci est également repris par l’IT50+ et le mouvement Objectif France dans son programme numérique.

Parmi les signataires figurent les dirigeant de Cozycloud, Digimind, Jalios, Jamespot, Olvid, Mailo, Marketor, Smartrezo, Talkspirit, Tilkal, Whaller, Wimi mais aussi Forum Atena, Inter-Ligere, Les Cas d’or ou d’autres acteurs du numérique comme JM Billaut, L. Bretones, D. Douani, F Elboin, J. Toledano, D. Fayon, votre serviteur et bien d’autres encore.

 

PlayFrance.Digital, vient de publier sa charte partant du constat que tant pour les solutions santé (Health Data Hub), pour gérer les Prêts Garantis par l’Etat (PGE à la BPI), que pour des sujets de défense ou industriel le gouvernement choisi des solutions américaines, nous vassalisant de fait à la politique et au bon vouloir américain (Azure, AWS, etc…) Nous voyons même un secrétaire d’état chargé du numérique arborer fièrement un T-Shirt aux couleurs d’un des grands du numérique américain… Imagineriez-vous un ministre de l’Agriculture sponsorisant les vins californiens ?

Charte PlayFranceDigital

 

 

 

Objet du document

Ce document a pour objet de définir une charte à laquelle chacun des membres du collectif s’engagent à adhérer, en vue d’adopter des valeurs communes et une définition commune de notre souveraineté numérique. Cette charte à valeur d’engagement éthique et bienveillant dans les relations entre membre du collectif et aussi à l’encontre des acteurs de la souveraineté numérique qui n’auraient pas encore rejoint le collectif, ou ne souhaiteraient pas le rejoindre.

Contexte

En avril 2020 un collectif « Play France Digital s’est constitué afin de promouvoir les solutions logicielles d’éditeurs français (européens). Plusieurs actions, principalement de communication, ont été conduites et nous avons commencé à faire entendre une voix distincte des « grands » acteurs et, malheureusement du gouvernement.

L’évolution de GAIA-X, que l’on pouvait espérer être à la base d’un sursaut, d’un renouveau de la stratégie en prenant le levier du « cloud » comme point d’appui a beaucoup déçu, le coup de grâce a été donné par les choix récents du gouvernement avec sa notion de « cloud de confiance » pouvant s’appuyer sur des technologies US et son orientation « cloud au centre » qui va pousser, à marche forcée, les administrations dans la gueule du loup.

Il faut rappeler que les enjeux de souveraineté numérique s’adressent à l’ensemble de la chaine de valeur du numérique :

·         Matériel (PC / Smartphone / Serveurs / Routeurs / Supercalculateurs / Processeurs / Réseaux / Téléphonie)

·         Logiciel (des couches les plus basses au plus hautes)

·         Les données

Une opportunité

Alors que beaucoup d’acteurs sont de taille modeste, ils ont de la peine à se faire entendre face aux rouleaux compresseurs de GAFAMs et aux inerties qui président aux choix des grandes entreprises et des administrations réticentes à sortir des sentiers ordinaires, leurs solutions ne sont pas examinées.

De plus ils sont parfois concurrents mais ils peuvent partager un intérêt commun qui les dépasse tous selon l’adage « L’union fait la force ». Un petit groupe d’acteurs, plus engagés est convaincu qu’une plus grande cohérence des actions devrait résulter de l’adoption de quelques règles permettant d’établir un partenariat sincère entre ceux qui veulent œuvrer dans cet objectif

Les engagements

L’ensemble des signataires de la Charte s’engage à :

·          Soutenir le combat pour notre souveraineté numérique.

·         A suivre la mise en place des éléments suivants constitutifs de la souveraineté de nos solutions :

o   Proposer un hébergement souverain, notamment pour leurs clients Français. Des hébergements alternatifs sont tout à fait envisageables dans la conquête d’un marché international, mais il faut proposer des hébergements différenciés mais étanches. Opéré par un acteur à capitaux majoritairement français et européens

o   Les dispositifs de traçages doivent être envisagés en fonction des objectifs de souveraineté et dans le respect des libertés individuelles

·         Utiliser les solutions souveraines existantes comme réseaux sociaux, média pour les communications du collectif en sus des réseaux sociaux et solutions GAFAMs incontournables encore à ce jour.

·         Proposer de façon gracieuse leur solution ou plateforme pour le collectif et dans le cadre strict du collectif.

·         Proposer à chaque membre du collectif un tarif préférentiel ne déséquilibrant ni son modèle économique, ni celui de ses concurrents souverains pouvant être aussi dans le collectif. L’objectif est de se soutenir entre nous et créer un écosystème.

·         A porter, et soutenir toutes initiatives nouvelles et innovantes (Parrainage de développeurs, jeunes pousses)

·         Etablir un tableau d’équivalence qui permettra de mettre en regard de chaque solution américaine ou chinoise la ou les solutions françaises équivalent. Cela permettra à chaque membre de mieux comprendre le positionnement de chacun, mais cela pourra aussi être utilisé dans nos déférentes communications

 

Une autorégulation

Les règles ont été énoncées de façon suffisamment simple pour être le reflet de l’esprit de l’action proposée.

Leur libre acceptation est la condition nécessaire pour pouvoir apporter et recevoir de cette mini-communauté.  La règle «il faut donner pour recevoir » est supposée comprise comme « carburant » des actions communes.

Les comportements « parasites » sont évidemment intolérables et seraient, parmi d’autres déviants, une raison d’exclusion de ce groupe qui compte sur la sincérité de ses membres.

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