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L’impression 3D, une voie pour la relocalisation de l’industrie

L’impression 3D, cela fait plusieurs années que cette technologie émergente fait parler d’elle. De nombreux cas d’usage ont démontré sa plus-value. Cependant elle n’a pas encore transformé de façon drastique notre façon de produire. La pandémie Covid-19 va-t-elle accélérer un processus déjà enclenché ?

L’impression 3D, cela fait plusieurs années que cette technologie émergente fait parler d’elle. De nombreux cas d’usage ont démontré sa plus-value. Cependant elle n’a pas encore transformé de façon drastique notre façon de produire. La pandémie Covid-19 va-t-elle accélérer un processus déjà enclenché ? Cet un élément sur lequel il est intéressant de se pencher, on a vu que pour répondre à une pénurie de matériel médical, l’APHP adossée au groupe Koering et avec l’implication de la Start-up Bone 3D pour mettre en place 60 imprimante 3D afin de produire les pièces nécessaires aux respirateurs, mais pas seulement (Usine Digitale)

Quels changements à venir ?

Cette mobilisation d’une nouvelle technologie, verra-t-elle à la sortie de la crise un nouveau chemin pour les process industriels ? Cette crise sanitaire sera-t-elle l’accélérateur de tendances préexistantes comme l’affirme un certain nombre d’économistes ? Il serait présomptueux de l’affirmer de façon péremptoire, cependant on peut énoncer un certain nombre d’avantages que représenteraient la généralisation de ces technologies de production dans les différentes filières industrielles où cela est possible…

Sur la décennie passée comme le montre cet article très intéressant de Futura tech, de nombreux cas d’usages ont montré les forts potentiels de l’impression 3D :

  • Construction d’un pont en inox par impression 3D à Amsterdam
  • Construction d’habitation en un temps record.
  • Construction de navire
  • Et n’oublions pas les impressions 3D dans le domaine médical comme les prothèses, les orthèses, ou même des organes comme la peau, ou bien d’autres applications

Comme nous pouvons le constater ces technologies ouvrent de vraies perspectives et vont très certainement bouleverser notre façon de concevoir la production d’un certain nombre de biens de consommation et d’équipement. Comme toute transformation, cela entrainera des formes de résistances des entreprises et industries établies qui ne souhaiterons pas voir se réduire leur part de marché. Mais cela ne sera pas le seul obstacle, en effet pour qu’une nouvelle filière naisse et mûrisse, il va falloir qu’elle puisse trouver le vivier de nouvelles compétences nécessaires…

Quelles sont les acteurs français et/ou européens de l’impression 3D ?

Devant les opportunités impressionnantes qu’offre l’impression 3D, essayons de comprendre quels sont les acteurs nationaux start-up ou industriels qui cherchent à faire émerger cette nouvelle façon de produire. Reprenons les différents secteurs dans lesquels nous avons déjà des cas d’usages solides. Ce panorama ne sera pas exhaustif, mais cela permettra déjà de ce faire une bonne idée de nos acteurs nationaux.

La santé

Dans le domaine de la santé nous avons toujours eu une recherche de haut niveau qui a permis de développer des techniques médicales de référence. Il n’est donc pas étonnant de trouver dans l’impression 3D à visée médicale, de belles pépites prometteuses. Nous avons donc comme évoqué lors de l’introduction de la Start-up Bone 3D, mais ce n’est pas la seule nous ayons Poetis dans le domaine de l’impression de peau, nous avons Bionico Hand pour les prothèses (ici une vision ‘open source’), il y a aussi Osseomatrix qui propose des impressions 3D pour la reconstruction osseuse, nous avons aussi des fournisseurs d’imprimantes 3D comme Dagoma3D qui met à disposition des imprimantes 3D pour le milieu médical. Nous avons aussi la société française Prodways qui propose différents services d’impression 3D, notamment dans le domaine dentaire.

La construction

Nous avons quelques exemples comme la start-up Batiprint3D qui propose la maison Yhnova, ou encore Machine3D ou XtreeE des sociétés françaises proposant des solutions dans le bâtiment mais pas uniquement (Tracktor.fr). Les avantages de ces technologies peuvent être variés en fonction des choix fait sur les matériaux de base, par exemple. Il y a des gains de temps indéniables, la possibilité de proposer des architectures basées sur des courbes de façon beaucoup plus aisé, des gains écologiques, en effet la juste quantité au bon endroit pour une efficacité mécanique et structurelle équivalente aux procédés classiques, mais aussi avec réalisation moins gourmandes en ressources humaines…

L’industrie navale, automobile et aéronautique

Dans le domaine de l’industrie, là aussi les choses ont commencé à bouger, par exemple la société de conseil français Altran s’est porté au capital (minoritaire) de la Start-up Divergent® (Le point) qui a réalisé l’impression 3D de la voiture Blade. Ceci montre bien l’intérêt de ces technologies pour le secteur… Si dans le secteur automobile, je n’ai pas trouvé d’acteur majeur français, nous pouvons nous consoler par l’existence d’acteurs européens comme ADWorks entreprise allemande, ou encore l’entreprise néerlandaise MX3D.

Dans le secteur de l’aéronautique nous avons plusieurs cas emblématiques, dont celui-ci de l’aéronavale, pourtant conservatrice, qui se lance timidement dans la fabrication de pièces dans le cadre de la maintenance de la flotte de Rafale Marine à bord du Charles De Gaulle : projet Ravel mené par Dassault Aviation.

Le Groupe Prodways que nous avons évoqué dans le domaine médical propose aussi des imprimantes industrielles destinées au domaine de l’aéronautique, avec récemment la livraison de 3 imprimantes supplémentaires pour un acteur non cité…

Le secteur naval n’est pas en reste, nous avons une entreprise Perspective Design qui a déjà réalisé le minisprint, un petit voilier complètement réalisé en matière recyclée par impression 3D. Dans ce secteur, nous avons aussi Scuplteo qui propose des maquettes ou prototypes pour l’industrie navale. Mais nous avons aussi un acteur majeur de notre industrie navale qui utilise la fabrication additive, il s’agit de Naval Group (3DNatives).

Nous voyons donc que cette technologie commence à prendre une place de plus en plus stratégique dans nos process industriels et apporte une vraie souplesse et des atouts indéniables…

En Conclusion

L’impression 3D est encore une technologie en devenir, mais les cas d’usages se multiplient et on voit les nombreux avantages que la fabrication peut avoir. En effet, l’utilisation de la juste quantité de matière au bon endroit, permet d’avoir des pièces qui pour une même résistance mécanique seront plus légères et moins gourmandes en matière première. La possibilité d’imprimer à la demande permet d’envisager d’avoir de petites unités de production localisées proches du besoin, et de limiter la nécessité de stocker des pièces détachées.

L’ensemble de ces facteurs, peuvent avoir un impact environnemental non négligeable dans les processus industriels, de plus cette technologie peut permettre de revenir à une philosophie permettant de réparer plutôt que de remplacer. Pour encourager ce dernier point, il sera probablement nécessaire de proposer une législation adaptée pour forcer les producteurs de produits de fournir les plans 3D des pièces les plus fragiles et le plus susceptible de lâcher…

Espérons que la crise actuelle va nous permettre de repenser notre façon de produire et de consommer (réparer plutôt que jeter), on pourrait imaginer l’apparition de 3D Shops comme il y a eu un temps des échoppes de reprographie. Nous avons de plus la chance d’avoir de belles entreprises et start-up dans ce domaine, utilisons-les pour transformer notre tissu économique. Qu’en pensez-vous ?

 

 

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