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Notre Souveraineté remise en cause par le choix de Palantir

a presse s’est faite l’écho d’un rapprochement entre Palantir®, start-up californienne, et un certain nombre de pays européens pour la surveillance électronique dans le cadre de la lutte contre le COVID-19.

Source: Pixabay

La presse s’est faite l’écho d’un rapprochement entre Palantir®, start-up californienne, et un certain nombre de pays européens pour la surveillance électronique dans le cadre de la lutte contre le COVID-19. Je suis d’autant plus surpris, que l’impression dominante était qu’il semblait y avoir eu une prise de conscience sur l’importance de notre Souveraineté Numérique tant au niveau français, qu’au niveau européen.

Palantir® qu’est-ce que c’est ?

C’est une start-up californienne spécialisée dans le Big Data. Palantir® est donc ce que l’on appelle une Tech, qui travaille principalement sur l’analyse de masse et le croisement de données. Mais ce n’est pas seulement cette activité, sur laquelle elle reste assez discrète, qui fait qu’elle a défrayé la chronique ! Cette société est suspectée d’avoir des liens inavouables avec la C.I.A. (FDesouche.com), avec raison puisque son premier investisseur est In-Q-Tel, fond d’investissement de la C.I.A.

Cette start-up propose ces services à différents états, dont certains organes de l’Etat français, comme la DGSI (Les Crises) avec qui sa filiale française a passé un contrat de 10 millions d’euros, et certain services de police. Mais ses activités ne s’arrêtent pas là, elle passe des contrats aussi avec de grands groupes industriels dont des acteurs européens stratégiques comme Airbus (IT Veille technologique).

En résumé une licorne américaine dans le domaine du Big Data et qui a le culte du secret et, qui plus est, dont les dirigeants sont de proches conseillers du président américain. Cela interpelle, non ?

Pourquoi Palantir® s’intéresse aux données de santé ?

La pandémie Covid-19 est l’occasion pour cette entreprise de proposer ses services et produits dans l’analyse des données de santé. L’ensemble des acteurs politiques dans le monde sont sous la pression de leurs opinions afin de trouver des solutions pour endiguer la pandémie et de plus en plus en tenant en compte de l’impact économique que cette crise va avoir.

Pour Palantir® c’est une occasion rêvée. Pouvoir accéder aux données de santé de nombreux pays serait un vrai « el dorado », et bien entendu une source de revenus profitable pour la revente de ces données aux acteurs du marché tels que les industriels de la pharmacie, du matériel médical, des assurances… C’est déjà le cas aux Royaume-Uni où un accord est passé entre le NHS (National Health Service) et Palantir®…

Les négociations actuelles avec la France, l’Allemagne et l’Autriche seraient cependant axées sur les aspects amélioration de la logistique et de gestion des stocks, mais là encore se sont des données stratégiques qui peuvent ensuite être exploitées et revendues. Cela soulève de vrais questionnements, cependant l’AP-HP n’a pas souhaité faire de commentaires comme le souligne ZDNet. Le deuxième axe serait l’exploitation des données de géolocalisation pour modéliser et mieux comprendre l’état de contamination des populations, ce qui sera effectivement utile pour gérer le déconfinement (L’Usine Digitale). Cela pose un problème sur les conditions de collections de données, seront-elles réellement anonymisées ? N’y-a-t-il aucun risque que ces données collectées puissent être « crunchées » avec d’autres données que la société aura collectées à l’occasion d’autres contrats ? J’entends la remarque que l’on me fera immédiatement : « oui mais on est protégé par notre contrat ! », mais les contrats ne sont-ils pas comme les promesses et n’engagent que ceux qui y croient…

Je tiens juste à rappeler que le premier investisseur est un fond d’investissement de la C.I.A. : est-ce que cela est de nature à inspirer confiance ?

En conclusion

Je dois dire que je suis effaré par les contradictions entre la parole politique et les actes et décisions prises. Comment peut-on faire, en effet ,confiance à une société qui est créée par des fonds de la C.I.A. ? Faut-il rappeler le dernier scandale de cette société Crypto AG de cybersécurité basée en Suisse, mais le pantin de la C.I.A. qui fournissait des outils de cryptage « sécurisé » ? Pourtant le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, précise qu’il faut que l’Europe retrouve sa souveraineté technologique (Interview BFM télé), nous sommes donc là dans une vraie contradiction. Est-ce à dire qu’à ce jour en Europe nous n’aurions pas d’entreprises ou start-up capable de relever ce défi ? La bonne vitalité de notre French Tech me permet d’en douter. Il serait donc bon de favoriser plutôt une de nos pépites, ce qui permettrait en plus d’éviter une trop forte attrition parmi nos start-up. Qu’en pensez-vous ?

 

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