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Développement des Drones une autre facette de la transformation digitale

Source: Pixabay

Ces dernières années un objet ludique a touché un nombre croissant d’utilisateurs. Cet objet est l’un des enfants de la transformation digitale. Il s’agit du Drone. Mais l’intérêt du drone ne s’arrête pas seulement à cet aspect ludique et personnel, il a bien d’autres utilités notamment dans le domaine industriel et agricole, mais aussi et surtout dans le militaire.

Si dans chacun de ces domaines les aspects de souveraineté sont cruciaux, ils sont vitaux dans le domaine militaire. Nous allons passer en revue les différents usages, et comment se placent la France et l’Europe dans cet environnement.

Les drones civils

Les drones ludiques

Lors des 5 à 10 dernières années, l’essor de l’utilisation du drone à des fins ludiques a explosé. On peut probablement considérer que c’est l’un des objets connectés les plus utilisés, si on exclut les montres connectées et autres bracelets de suivi d’activité.

Si l’on en croit le magazine drone-élite.fr, sur les 10 meilleurs drones du marché, 6 appartiennent à la marque Djin (Chinois) dont 4 sont aux premières places. Nous avons deux acteurs européens un français Parrot® et l’autre Allemand Yuneec®, qui pointent respectivement à la neuvième place et à la huitième. Si nous prenons un autre classement les résultats restent comparables, c’est l’entreprise chinoise Dji® qui tire une nouvelle fois son épingle du jeu haut la main.

Il est regrettable de constater que Parrot® qui a été un temps leader sur le marché français, voire européen a été détrôné par un acteur chinois, qui a conquis le marché avec des produits de qualité a des prix raisonnables. Mais notre fleuron français reste dans la course et souhaitons que sa capacité à innover et à proposer de nouveaux produits lui permettra de reconquérir les clients français.

Les drones à utilisation professionnelle

De nombreux secteurs industriels, ou de la sécurité, ont adopté les drones comme un auxiliaire important de leurs activités, que cela soit pour la surveillance, l’audit d’installations peu accessibles, ou encore pour des applications agricoles, comme avec la start-up française Abelio®.

Si l’on en croit une nouvelle fois le magazine drone-élite.fr on retrouve pour les drones professionnels le même classement que pour les usages ludiques… Toutefois, selon le magazine loisirmag.com, dans les 6 meilleurs drones professionnels si l’on retrouve une nouvelle fois en première position le constructeur chinois Dji®, on trouve aussi le Parrot® en 5me position. De nouveaux acteurs font leur apparition comme Husban® qui est aussi un acteur chinois, ou encore GOPro® qui se positionnent à la deuxième et troisième place respectivement.

Dans ce segment Parrot® fait partie des acteurs qui comptent, il est de mon point de vue important, que nous arrivions encore à avoir des acteurs majeurs dans ce secteur d’activité, notamment de par les compétences et talents que ce type de produit permet de mettre en œuvre.

Les drones militaires

Dans ce domaine, il est clair que l’Europe et la France accusent un retard critique face aux grandes puissances militaires, comme les Etats-Unis, la Russie ou la Chine, mais nous le sommes aussi face à des acteurs très actifs, comme les israéliens (Les Echos – 2017)

Il est cependant intéressant de noter que l’armée américaine n’hésite pas à faire appel à des entreprises françaises, comme Parrot® pour s’équiper en drones de reconnaissance, même si pour l’occasion  Parrot® est associé à un partenaire américain NEOTech® (leboursier.com). Elle n’est pas la seule société française à fournir l’armée américaine, la PME française Drone Volt est aussi de la partie.

La DGA (Délégation Générale de l’Armement) a décidé de commander environ 2000 micro-drones sur 5 ans au bénéfice essentiel de l’armée de terre (Capital). Le choix s’est porté sur deux fournisseurs, l’un américain FLIR® pour le black hornet3 et l’un français Novadem® pour le NX70. Cependant la sélection de Parrot® par l’armée américaine est vue d’un bon œil par l’armée française, de nouvelles opportunités pour notre acteur français ?

Pour le moment l’armée de l’air française est équipée de drones américain Reaper (L’Express), ceux-ci d’une taille plus importante, proche d’un avion classique, sont à destination de missions longues durées et peuvent aussi dorénavant être utilisés pour neutraliser des cibles à distance et pas seulement faire de la reconnaissance.

Dans le domaine militaire, la souveraineté est encore plus essentielle, et il est terriblement dommage de constater que le programme Eurodrone (Drone MALE pour Moyenne Altitude Longue Endurance) pourrait prendre l’eau et qu’au final, nos forces armées pourraient se tourner vers un acteur, encore une fois américain (Challenges)… Les responsabilités d’un tel échec ne seraient pas imputables aux seuls personnels politiques, mais seraient aussi dûs à une rigidité et pourrait-on dire une mauvaise volonté de la part des acteurs industriels impliqués (Dassault, Airbus et Léonardo).

Dans les cartons, il existe aussi le programme de drones de combats de Dassault aviation, qui propose un démonstrateur, le Neuron. Il s’agit d’un programme initié en 2003 par le gouvernement français qui a été rejoint depuis par d’autres acteurs européens. Le démonstrateur n’est pas seulement une étude et des maquettes, mais un engin qui est en phase de tests avancés avec des possibilités d’intégration de vol en ailier d’un avion de combat comme le Rafale, dont le standard F4 devrait notamment grandement faciliter ce type d’intégration.

Conclusions

Dans ce domaine comme dans d’autres, la problématique de la souveraineté est cruciale. Il est donc important de ne pas mettre à mal ce secteur.

Comme pour d’autres secteurs d’activité, maintenir une industrie du drone en France et en Europe, c’est de s’assurer qu’un socle de compétences minimal sera conservé dans nos territoires.

Une nouvelle fois, c’est une source d’emplois qualifiés dont nous avons tant besoin.

Maîtriser l’ensemble de la chaine de valeurs et des composants clés, c’est s’assurer de mieux comprendre aussi comment seront utilisées et stockées les données liées à l’utilisation des drones, qu’ils soient civils ou militaires…

Avoir notre propre filière de drones, ne reposant pas sur les briques technologiques américaines ou chinoises, c’est nous assurer que l’on pourra exporter nos propres technologies sans risquer d’être gênés par des pressions géopolitiques notamment américaines.

Voilà donc un secteur crucial dont il faut s’assurer que l’on ne perde pas les compétences qui existent déjà. Quand on parle de drones on pense souvent à l’aspect aérien, mais ce n’est pas le seul, et pour le terrestre et maritime de multiples usages clés industriels ou militaires font qu’il faut s’intéresser aux développements en cours et à venir.

Les évolutions dans ce secteur sont riches (ca veut dire multiples ou nombreuses ?) et il faut continuer de les suivre…

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