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Souveraineté Numérique, les événements marquants de 2020.

Source: aedh.eu

L’année 2020 terminée, il est intéressant de regarder un peu en arrière afin de voir les faits saillants qui ont marqué cette année particulière. En effet, si pour un cercle assez restreint, la souveraineté industrielle et numérique était un enjeu majeur, cette préoccupation avait un écho assez faible dans le paysage médiatico-politique. Or, le frémissement que l’on avait pu constater en 2019 a pris de l’ampleur pour devenir un sujet de préoccupation…

 

La crise du Covid-19

 

Si cette pandémie perdure et sa gestion semble mettre en défaut les principales économies occidentales et asiatiques (hors Chine) ainsi que leur système de santé, elle a cependant permis de prendre une conscience salutaire de notre dépendance quant à nos approvisionnements de l’étranger et principalement de la Chine. Cette prise de conscience aigüe s’est produite face au désastre de notre gestion des stocks de masques.

Nous avons pu constater que la souveraineté était cruciale pour sécuriser nos approvisionnements, et qu’en cas de crise mondiale (pandémies, guerres) posséder des capacités de production sur notre territoire national n’était pas superfétatoire.

 

La mobilisation des acteurs du numérique français

 

La souveraineté numérique a été aussi un des sujets récurent de cette année 2020. Si depuis quelque temps, les politiques avaient pris conscience de notre dépendance insupportable vis-à-vis des high techs américaines, les #gafam pour ne pas les nommer, principalement sur des aspects d’évasions fiscales.

Nos acteurs du numérique français ce sont mobilisés face aux contradictions des discours politiques, l’importance de nos données et les choix faits par ces mêmes acteurs. Le déclencheur a été notamment l’affaire du Data Hub Santé, avec le choix de l’américain #Microsoft et de son offre Cloud #Azure (Effisyn-Article1, Effisyn-Article2, Effisyn-Article3, Article Appvizer). Il en a résulté la création d’un collectif PlayFrance.Digital qui a lancé l’appel du 9 Avril, remettant en cause le choix de Microsoft et rappelant qu’il existe des solutions numériques françaises performantes, mais il est vrai qui n’ont pas la visibilité des #gafam. Cet appel a été suivi d’un nouveau communiqué de presse à l’été.

Si cette affaire a été emblématique, nous avons pu aussi observer d’autres couacs dans les décisions de certains de nos acteurs institutionnels comme la BPI, avec le choix du cloud AWS d’Amazon pour héberger les données du PEG (Prêt Garanti par l’Etat), ou encore d’entreprise nationale comme Renault (Article)…

La note optimiste, reste la mobilisation des acteurs du numérique français et de belles entreprises ou start-up qui ont pu montrer leurs qualités grâce à cette pandémie et le recours massif au télétravail, même si la part belle a été faite cependant aux #gafam. Je pense à notamment à #Tixeo, #Wimi, #Jamespot ou encore #Smanck.

Ce ne sont pas les seuls bien entendu, comme le montre cette première cartographie présentée par PlayFrance.digitale

Source: PlayFrance.Digital

L’Europe réagit

 

Un autre marqueur important dans le courant de cette année a été l’invalidation du Privacy Shield par la Cours de Justice de l’Union Européenne (Article) qui remet en cause les échanges de données avec les US devant le manque de protection des données personnelles aux US comparé aux protections européennes.

Cette décision, dont les conséquences ne sont pas encore bien mesurées par l’ensemble des entreprises, risque de tourner aux casse-tête juridique pour les grands groupes internationaux qui par nature doivent échanger de nombreuses données personnelles de leurs employés, de leurs clients ou même des données de santé dans le cas des industries de la santé (Article)…

L’autre événement marquant de la fin d’année 2020 venant de l’Europe, a été la présentation du Digital Services Act Européen ainsi que du Digital Market Act le 15 décembre dernier par Thierry Breton (SiècleDigital), tout acteur du numérique ayant plus de 45 millions d’utilisateurs y seront soumis… S’il y avait incompatibilité majeure avec ces règles, il serait possible d’aller jusqu’au démantèlement de ces acteurs…

 

En conclusion

 

Si on ne peut se satisfaire de la situation actuelle, comme j’ai eu maintes fois l’occasion de le rappeler, on peut cependant finir sur une note optimiste. La prise de conscience semble réelle, et il y a un mouvement concret et sérieux notamment au niveau européen pour redonner un cadre protecteur à l’écosystème européen.

Cependant c’est un combat de chaque instant, qui passera aussi par une acculturation des décideurs publics et privés, afin qu’ils prennent conscience qu’il existe des alternatives souveraines sérieuses aux acteurs du numérique américains ou chinois.

Espérons que 2021, va nous permettre de constater l’installation dans la durée de cette prise de conscience mais aussi des actions qui permettrons un rééquilibrage…

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