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Les Réseaux Sociaux eux aussi un enjeu de souveraineté !

Source: Pixabay

J’ose l’affirmer, les réseaux sociaux américains présentent un danger et une nuisance extrêmement grave pour nos démocraties, mais pas seulement. En effet, ils représentent un danger important pour les liens de sociabilisation, qui sont le trait important de l’humanité, et favorisent la conflictualité et l’entre-soi.

Dans cet article, je vais balayer l’ensemble de ces risques qui sont pour la plupart connus, mais que nous n’arrivons pas à prendre en compte sérieusement. Mais, je ne vais pas m’arrêter là, et j’essaierais de vous présenter des alternatives, françaises, et vous faire toucher du doigt les différences entre les deux approches, qui s’expliquent probablement par une culture différente…

Les réseaux sociaux (RS) américains nuisent gravement à la pluralité !

Ce n’est hélas plus à démontrer, les réseaux sociaux comme #Facebook, #twitter et même #LinkedIn (censé être un RS pour les professionnels), de par l’utilisation des algorithmes vous rendent prisonniers d’un piège abscons. Le mode de fonctionnement des algorithmes, biaise donc gravement les « informations » auxquelles vous avez accès, les mécanismes en sont dévoilés dans cette publication de smmafrance.com :Les algorithmes des Réseaux Sociaux .

Mais il faut prendre en compte que ces algorithmes ne sont pas figés dans le temps, et les acteurs de ces plateformes n’hésitent pas à changer les règles du jeu.

Nous avons ici vu l’utilisation des algorithmes qui sont utilisés pour la mise en visibilité des publications des utilisateurs. Cependant, il y a aussi leur utilisation pour aider le travail des modérateurs, automatisant de plus en plus ces tâches de modération (Télérama : « Les algorithmes, les nouveaux censeurs des réseaux sociaux »)

Le recours massif à ces algorithmes, posent la question essentielle de la censure. En effet, il y a maints exemples, où ces censeurs automatiques, censurent des œuvres d’art d’un côté (Europe1), mais laissent passer des vidéos d’exécution de Daesh… On peut aussi se poser la question de la censure, de l’ancien président des Etats-Unis, Donald Trump opérée par #Twitter et #Facebook… La censure d’état, qui a existé dans notre pays, et qui maintenant a disparu, tout du moins en tant qu’instance officielle, serait maintenant autorisée et pratiquée par des entités privées ? Et cela ne choque plus personne ?

Comme on peut le constater, si les RS peuvent être vus comme un espace de liberté, ce qu’ils ont bien été dans un premier temps, il est aussi assez normal que l’on y trouve un travail de modération. Mais là, cela devient une vraie gageure, quelles doivent être les modalités de modération, qui en est le garant, le RS lui-même, l’état, et si oui lequel puisque les RS ont une empreinte géographique globale ?

Les RS sont avant tout des entités commerciales, leurs services pour vous particuliers peuvent paraitre gratuits, mais ce n’est pas réellement le cas, puisque tout ce que vous postez devient leur propriété. Et c’est la revente de ces données qui est la base de leur business modèle. L’autre impact de cet aspect, c’est quand il s’agit d’aller sur des territoires où la démocratie n’a pas cours, on accepte la censure d’état, comme l’ont montré les différents épisodes avec notamment la Chine…

Ensuite, viens le moment où, les RS eux-mêmes s’arrogent le droit de dire ce qui est bien ou mal, on a pu le voir notamment avec l’histoire de la suppression des comptes du président Trump. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les dirigeants de ces géants du numérique américain, ont des opinions politiques et une ambition pour l’avenir de l’humanité. Ils sont dits « progressistes » et surtout, ils sont adeptes du Transhumanisme (Wiki). En Europe, l’un des tenants de cette idéologie, est le Dr. Laurent Alexandre (Youtube)…

J’ai très peu attaqué les RS Chinois, mais les mêmes critiques peuvent être appliquées, la différence majeure, c’est qu’au lieu d’intérêts privés d’une petite oligarchie transhumaniste, c’est dans ce cas la toute-puissance d’un état totalitaire, qui met en place très concrètement un score social basé sur ces technologies… Bienvenu dans le monde d’Orwell…

Ma dernière charge sur ces RS en particulier, concerne les effets dévastateurs en termes de comportements addictifs. Ils provoquent un cercle vicieux, où seule compte une récompense immédiate et narcissique, provoquées par la course aux « Likes » (Drogues et dépendances)…

Quels problèmes de souveraineté posent-ils ?

Nous avons pu aborder quelques problèmes inhérents à tout RS, mais avec déjà des spécificités liées à qui est derrière, géants du numériques américains transhumanistes versus gouvernement chinois… Mais le problème du recours à ces RS, est bien plus profond. En effet, par les informations que vous donnez, postez, vous alimentez ces entreprises gratuitement d’une ressource qu’ils peuvent exploiter, revendre et en tirer une source de bénéfice infinie. Sur ce sujet, je vous renvoie vers mon article et l’excellente émission Cash Investigation. Par ailleurs, les RS ne vous donnent pas réellement accès à l’intégralité des informations disponibles, mais par contre ils savent afficher sur les écrans de leurs membres, les publicités ou contenus ciblés grâce à vos données.

Ces masses de données collectées à travers vos activités sur votre RS préféré, souvent grâce à votre passivité, en effet qui prend le temps de réactualiser ses paramètres de « confidentialité », ou qui a bien lu l’ensemble des conditions d’utilisation ? Vous vous dites peut-être, à quoi bon ! Moi, je n’ai rien à cacher…

Mais le jour où vous chercherez votre premier emploie, ou un nouveau poste, et que vous ne comprenez pas pourquoi, vous n’avez que des retours négatifs… N’est-ce pas parce que sur votre page #Facebook on retrouve en accès libre vos photos où vous vous êtes mis minable lors d’une fête privée ? Ou encore, parce que vous avez posté des photos de vous participant à une manifestation ?

Je ne parle pas non plus des projets pilotes de notre département des finances publiques qui achète des accès aux RS afin de détecter d’éventuelles fraudes fiscales, train de vie ou encore piscine non déclarée (Le Progrès)…

Ne parlons pas des possibilités pour les banques ou assurances de collecter des informations qui leurs permettront de faire évoluer votre profil de clientèle et de changer éventuellement leur tarification sans que vous en compreniez les raisons fondamentales…

Et toutes ces données collectées donnent une formidable puissance économique, à un petit groupe d’entreprises en position de quasi-monopole, qui sont pour la plupart américaines. Ces données qui sont en elles-mêmes une ressource économique par la revente que l’on peut en effectuer, mais aussi un formidable de pouvoir de pression et lobby, véritable pouvoir de coercition économique et financière à l’encontre de décideurs politiques ou économiques majeurs. Doit-on réellement se contenter de cet état de fait et de baisser les bras ?

Quelles alternatives ?

Il n’y a pas de réponse facile à apporter à cette question.  Nous avons tellement accepté de devenir dépendants de ces outils, que l’on ne peut, pour la plupart d’entre nous y renoncer du jour au lendemain brutalement.

Premières pistes

Dans nos premières démarches, il faut tout d’abord apprendre à être prudent dans la configuration des règles de confidentialités que nous paramétrons sur ces outils. Puis, probablement être plus sélectifs dans ce que nous publions sur les RS. Est-il nécessaire de publier les photos de vos enfants (sans leur consentement…) tout en ne faisant pas l’effort de paramétrer correctement les règles de diffusions ? N’oubliez pas que notamment sur #Facebook, mais aussi sur #Google, le contenu publié ne vous appartient plus complètement, ils peuvent l’utiliser, comme #Facebook, par exemple avec #Clearview (Le Point).

Pensez à utiliser systématiquement un vpn, ce qui permet notamment de masque votre véritable adresse IP, qui est systématiquement collectée par ces RS…

Pensez aussi à utiliser une adresse mail dédiée pour vos RS, cette ségrégation des comptes mails pour vous inscrire sur les différents sites, est notamment une recommandation de l’ANSSI.

Alternatives souveraines

L’autre possibilité, est de trouver de nouveaux RS qui par leur conception, permettent de maitriser un peu mieux nos données. Et des solutions françaises, il en existe !  L’avantage qu’elles présentent est multiple, tout d’abord en étant françaises, elles sont de droit français, et ceci n’est pas un détail anodin, compte tenu que notre législation est beaucoup plus protectrice de nos données personnelles. Par ailleurs, leurs concepteurs étant de culture française, permettent d’avoir une autre approche des RS que celle proposée soit par l’approche américaine, ou soit par l’approche chinoise.

Dans les RS Français au sens large, et qui sont à destination du grand public en mode gratuit, j’en ai actuellement deux sur mon radar (je ne parle pas des nombreuses solutions professionnelles, proposant des rse).

Il a tout d’abord #Whaller, un RS qui peut être utilisé dans sa formule gratuite par tout à chacun, et avec lequel on peut se créer des environnements qui permettront d’avoir une bulle sécurisée, respectueuse de nos données. Elle propose aussi plus que cela dans son mode payant et s’adresse aux entreprises, aux services publiques et associations.

Mais celui que souhaiterais vous présenter en profondeur, ce d’autant plus que j’en suis un utilisateur, est #Smartrezo. Il s’agit avant tout d’une plateforme média collaborative, et qui est intéressante par son approche que je trouve innovante. En effet cette plateforme a été bâtie en prenant en compte, nos territoires et en se mettant à la place de la grande majorité des Français qui s’intéressent à ce qui se passe dans leur environnement proche. Si la plateforme, pour les tenants de l’UX à tout prix, peut paraître un peu frustre, et pour certain un peu vieillotte, ce qui pour moi n’est pas un jugement mérité, elle tranche par la qualité et la richesse de son contenu. C’est ce que j’apprécie dans cette plateforme, et c’est pour cela que le terme de plateforme média collaborative lui va comme un gant.

Ce qui change dans le mode de fonctionnement, c’est que pour vous y inscrire, vous devez montrer patte blanche, une vérification d’identité est effectuée. L’intérêt de la démarche est que chaque auteur ensuite aura l’entière responsabilité de ses publications, mais surtout, il n’y a pas de pollution par de faux comptes, ou comptes robots…

Pour publier des articles, il faut effectivement un compte premium, mais vous n’en avez pas besoin pour la partie RS.

Un autre point que je trouve intéressant, c’est qu’il n’y a pas d’algorithme pour vous proposer des sujets qui seraient étiquetés comme faisant partie de vos préférences.

Et surtout, il s’agit aussi d’une plateforme qui propose des e-boutiques et des solutions de « click & collect », ou d’adosser votre eBoutique à la plateforme. L’avantage que peuvent en tirer les commerçants, c’est que l’ensemble de la plateforme est sans traqueur (cookies) et donc pas de risque qu’un client venant visiter votre site, se retrouve prospecté par vos concurrent suite à sa visite par le biais des publicités ciblées. Intéressant non ? Par ailleurs, le maillage territorial qui est le cœur de Smartrezo, renforce la puissance de ces outils additionnels.

Je n’ai fait qu’aborder les différentes fonctionnalités, applications proposées par cette plateforme, mais il y a aussi une TV musicale, et c’est aussi une excellente plateforme pour publier du contenu vidéo, sans passer par #YouTube…

Cette plateforme grandit petit à petit, et son intérêt grandit avec cette croissance permettant ainsi de renforcer son intérêt. L’autre point important de la philosophie de cette plateforme est d’encourager ses utilisateurs à profiter des informations trouvées dans le monde réel et local, avec pour objectif de recréer du lien territorial.

En conclusion           

Ce qui me parait primordial, c’est tout d’abord de prendre conscience des enjeux que représentent les RS, et des défis qu’ils posent et d’apprendre à nous protéger des conséquences les plus néfastes de leur utilisation, sans nier les apports qu’ils ont aussi…

Mais on peut aussi regarder du côté des alternatives souveraines proposées, et analyser les différences d’approches, philosophiques, culturelles et technologiques proposées. Cela peut nous permettre de nous bâtir notre propre environnement responsable.

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