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Avoir 25 licornes, est-ce vraiment le signe d’une bonne santé de notre écosystème numérique ?

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Source : Pixabay

Dans cet article, je souhaite revenir sur les cocoricos de la FrenchTech lancés par le gouvernement français. Nous avons atteint 25 licornes (L’Usine Digitale 18 jan 22)! Cette annonce a provoqué quelques réactions certaines dubitatives, est-ce un objectif en soi et d’autres qui voient dans la critique cette tendance très française au dénigrement et appellent à une vision positive et d’encouragement à ces entrepreneurs français. Pour ma part, j’aurais tendance à avoir une vision plus mesurée.

Les 25 licornes françaises

Cet objectif de 25 licornes fixé par le gouvernement, comme preuve du succès de la « Start-up nation » vient d’être atteint. Notamment avec la dernière levée de fond par Exotec qui a annoncé le 17 janvier dernier une levée de fond de 335 millions de dollars !

Quelles sont ces licornes, en voici la cartographie :

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Nous pouvons trouver au sein de ce groupe de licornes des profils aussi variés que des acteurs du Cloud, comme OVHCloud, de l’industrie comme Exotec ou encore du retail comme Veepee. Nous ne pouvons qu’être satisfaits qu’un certain nombre de ces sociétés aient vu le jour en France, et que beaucoup visent un développement international.

Doit-on s’arrêter à cette photo a priori toute positive ? La réponse est bien entendu négative, et il nous faut creuser un peu plus loin, sur cette politique de l’innovation portée par le monde merveilleux des Start-up…

 

Quels sont les points de surveillance du modèle ?

 

Je ne souhaite pas porter une charge inconsidérée au modèle de la Start-up nation et de ces licornes. Je pense cependant, qu’il est sain de se poser un certain nombre de questions et qui sait, d’ajuster cette politique de mise en valeur de la Start-up nation, en fonction d’une réalité économique qui n’est pas forcément rose. Et peut-être que l’état, devrait prendre en compte un certain nombre de critères pour apporter son aide à de telles entreprises.

Le premier point concerne les différentes levées de fond, sur quels marchés d’investissements ? En effet, la majeure partie des levées de fonds effectuées par ces start-ups le sont auprès d’investisseurs étrangers. Et la question qui se pose à qui profites in fine ces fonds et le développement économique de ces start-ups ? Où seront créé le plus d’emplois ? Qui profitera le plus de la rentabilité et de la croissance ? Questions souvent ignorées, mais qui sont importantes pour notre économie, où va réellement la valeur ajoutée de ces licornes ?

 

Le deuxième point crucial selon moi se porte sur les choix technologiques que font ces start-ups. Quelle technologie : open source, propriétaire et dans ce cas quel partenaire ? Quel hébergement donc quel(s) fournisseur(s) et sous quel régime légal nous retrouvons-nous ?

En effet, on peut observer que nombres de start-up, par exemple Doctolib ont choisi AWS (le cloud selon Amazon), d’autres choisissent Google ou Microsoft. Ce qui mathématiquement fait que le succès de nos start-ups enrichit ces géants du numérique américains. Ces derniers ne se sont d’ailleurs pas trompés en offrant des packages spéciaux start-uppeurs qui rendent nos créateurs d’entreprise dépendants, que dis-je asservis aux géants du numérique américain.

D’une façon plus large on ne se pose pas suffisamment la question de l’ajustement des aides envisagées par l’état ou l’Europe. Cette question est notamment tout à fait pertinente concernant l’allocation des fonds du plan de relance. En effet, ne risque-t-il pas au final profiter aux entreprises américaines ? Est-ce que cela ne choque que moi que nos impôts, notre argent public servent à des adversaires économiques ?

 

Conclusions

 

Si nous devons nous réjouir de la vitalité de nos entrepreneurs en France, et probablement d’un regard de la société qui a changé sur les entrepreneurs, il ne faut pas pour autant minimiser ni balayer d’un revers de main des questions cruciales sur la pérennité d’une partie de notre écosystème.

Oui, il reste encore un gros travail à effectuer d’acculturation de l’ensemble de nos acteurs économiques publics et privés, pour qu’ils intègrent des notions comme, je le sais un peu vieillotte de patriotisme économique, phénomène que l’on peut observer du côté de nombreux partenaires économiques, comme l’Allemagne et les Etats-Unis.

Il est temps d’apprendre à chasser en meute, et pour les grands groupes français de s’appuyer sur un écosystème de TPE/PME riche. Les acteurs du numérique français et les entreprises françaises qui revendique le made in France ou un certain souverainisme industriel, devraient aussi s’orienter dans leurs choix numériques vers des acteurs français, il y a des solutions souvent plus innovantes et performantes que les solutions uniformisées proposées par les américains.

Il sera aussi nécessaire, de désintoxiquer nos écoles et nos grandes écoles de l’utilisation des solutions américaines. Ces dernières ont fait un entrisme forcené pour habituer les élèves puis les étudiants à l’utilisation de leurs solutions, sachant qu’ils seront les prescripteurs de demain.

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