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Quand l’idéologie s’invite dans les choix économiques

Source: Pixabay

Il est des moments, ou malgré le souhait de laisser la politique là où elle est, nous nous retrouvons dans l’obligation de réagir devant l’incurie de certaines formations politiques, qui défraient la chronique sur des positions et des décisions pour le moins en contradiction avec l’intérêt collectif.

Quelle est cette formation politique ? Quelle nouvelle annonce me fait sortir de mes gonds ? Vous l’avez sûrement deviné, il s’agit de nos indécrottables #eelv ! Leur dernière lubie retirer leur soutien financier à l’association « Lyon French Tech », deuxième pôle de la French Tech après Paris (LyonMag.com…)

 

Pourquoi cette décision est inepte ?

 

Nous le savons tous, le numérique est la nouvelle révolution industrielle, celle qui sera la force de création-destruction qui va structurer l’économie de demain et des emplois qui en découlent. Cette décision qui sera en effet à partir de 2022, impactera inévitablement les 1100 entreprises du numériques accompagnées par la structure, qui représentent la bagatelle de 22000 emplois… Pour une meilleure compréhension du rôle de cette structure, je vous renvoie sur cet excellent article Des Echos.

Le montant de la subvention retirée 70000€ est loin d’être dérisoire, et représente toutefois 20% du budget annuel de la French Tech Lyon. Cela représente un emploi sur quatre (BFM Business).

Cette décision est d’autant plus incompréhensible, que la pandémie que nous traversons à mis en évidence notre dépendance aux outils et plateformes étrangers, ainsi que notre dépendance industrielle. Or, le développement de nos propres outils, pour des plateformes plus orientées sur un développement durable et local, sont l’essence même des enjeux du futur, mais par fanatisme idéologique qui n’a rien d’écologique ce groupuscule politique est en train de saboter nos chances.

 

Quelles réactions ?

 

Nous avons bien entendu des réactions politiques, mais ce n’est pas nécessairement ces dernières qui vont nous intéresser. Il me parait plus intéressant, de comprendre comment le message envoyé par les nouveaux édiles de Lyon, prend écho dans le monde des acteurs de la French Tech. Certains ont réagi violemment sur l’attitude « Kmer Vert » des nouveaux élus sur les réseaux sociaux.

Des réactions plus mesurées, comme celle de Didier Zwierski General Partner du fond H3Funds: « La vraie question est la suivante : l’écologie (la vraie) peut-elle se passer des avancées technologiques ? La réponse est bien évidemment non, car sans innovation technologique, point d’énergie renouvelable ou de propulsion électrique. Une véritable approche écologique serait de rester dans un projet « French Tech » mais de conditionner ses investissements à des conditions ESG (Environnement, Social, Gouvernance) ambitieuses et justifiées. C’est ce qui se fait couramment dans la plupart des fonds d’investissement, comme le nôtre, H3Funds. Il est vrai que nous investissons pour l’avenir, et que nous ne cherchons pas à nous faire élire. »

Ou encore celle de Thierry Bayon, qui exprime une position pragmatique en ne souhaitant pas politiser le débat, ce qui rendrait totalement inaudible car partisans. Il faut plutôt faire valoir les arguments pour lesquels c’est une erreur d’arrêter tout financement d’un secteur qui tire l’ensemble de l’économie d’aujourd’hui et de demain.

 

Conclusion

 

Il semble important que nous dépassionnions le débat, afin d’un retour à la rationalité et au pragmatisme. Il est cependant critique devant la forte dépendance de notre écosystème aux subventions publiques, de créer des outils privés afin de réduire la dépendance de ces derniers aux aléas politiques qui peuvent mettre à mal une filière qui reste notre meilleure garantie pour notre souveraineté numérique.

Mais il faut reconnaitre que le système capitalistique français est très différent de celui des Anglo-Saxons, et ce n’est pas tâche aisée que de réorienter l’épargne des français vers l’entreprise ce qui n’est hélas pas dans leurs gènes…

Les décisions de ces derniers mois de ces acteurs politiques, me rappellent cet excellent roman de René Barjavel Ravages, qui montre cette éternelle lutte entre partisans du statu quo voir du retour en arrière et de ceux tournés vers le progrès (avec tous les risques associés…)

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