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Prise de conscience

Source: Pixabay

Depuis toujours, avec des degrés divers, j’ai toujours eu un sentiment patriotique vivace, même si je le sais pour nombre de personnes, cela est désuet voir ringard et que pour la jeune génération, je passerai probablement pour un boomer !

Il y a trois mois, j’ai souhaité créer ce site sur lequel je publie un certain nombre d’articles sur ce sujet mais orienté sur l’aspect numérique et industriel.

Quels sont les risques d’un abandon de notre souveraineté ?

C’est la question clé à se poser. Quels sont les impacts visibles ou cachés de cet abandon de souveraineté numérique ou industriel ?

La première réponse, est assez évidente et nous renvoie aux conséquences de la crise sanitaire que nous avons affrontée, et de laquelle nous ne sommes pas encore sortis. En cas de crise, nous nous retrouvons dans l’incapacité à délivrer à nos concitoyens les moyens nécessaires pour surpasser la difficulté, ici il s’agissait de pénuries de masques, de réactifs (pour les tests) et de certains médicaments. C’était le plus criant, et cela s’est vu car la crise était mondiale et a créé des tensions insoutenables sur la production et la chaîne d’approvisionnement.

Mais les effets sont plus pernicieux que cela, car dans le domaine numérique aussi, de par notre incapacité collective à maintenir un écosystème digital solide, nous sommes l’objet des appétits d’acteurs étranger, américains, israéliens ou chinois qui essayent de noyauter nos systèmes d’informations et données comme l’ont montré les cas emblématiques des affaires Palantir, ou de l’application StopCovid. Ils visent aussi à renforcer l’utilisation de logiciel de reconnaissance faciale (RATP, Nice) dont certains utilisent des outils israéliens, promus par des entreprises qui ont pour la plupart des liens étroits avec les renseignements israéliens (ex : Anysision)

Nous pourrions croire, que les Etats-Unis sont à l’abris, de ce genre de problématique, mais il se trouve que leur suprématie numérique est contestée par la chine, et cela peut se voir à travers le conflit économique sino-américain autour de la 5G, ou encore lorsque la commission des lois s’empare du sujet en regard d’une application chinoise au succès foudroyant chez les jeunes : TikTok.

Tous les domaines sont impactés, car le paradigme actuel est que l’or noir de la « nouvelle économie » c’est la donnée, et c’est pour cela que depuis plusieurs années, il y a une marche forcée, pour permettre la transformation digitale de nos entreprises et d’une façon plus générale de notre économie.

Nos données, enjeux de souveraineté ?

Nous avons effleuré précédemment différentes problématiques, liées à l’abandon de notre souveraineté en termes industriel ou numérique. Mais, l’une des guerres les plus importantes, se mène autour de nos données. Quelles données, quels enjeux me direz-vous ?

Quelles données ?

 Je vais vous étonner, toutes les données sont concernées. Je ne vais pas toutes les lister, bien entendu, mais je vais essayer de vous donner quelques exemples emblématiques.

Les données clients : lorsque vous passez par une « market place », et ce quel que soit la plateforme, dans la grande majorité des cas, qui a la réelle connaissance de vos clients et de leurs habitudes ? C’est la plateforme, et c’est ce qui fait la force d’Amazon par exemple.

Les données de navigation internet : là aussi dans la plupart des cas, Qwant étant un peu différent, le navigateur et le moteur de recherche que vous utilisez collecte un nombre conséquent d’informations personnelles, sur vos goûts, désirs d’achat, opinions politiques, vos orientations sexuelles et il en est de même pour les réseaux sociaux. Mais est-ce vraiment ce que vous souhaitez ?

Les données de géolocalisation :  L’utilisation de nos smartphones, qui sont devenus des outils indispensables de la vie quotidienne, et que nous trimballons partout, en disent beaucoup sur nous, et souvent même quand nous croyons nous protéger, les fournisseurs d’OS de ces outils collectent plus de données que nous le souhaitons (notamment pour les téléphones sous Android®)

Vos données de Santé : Elles aussi sont l’objet de nombreuses convoitises, comme le montre notamment l’affaire scandaleuse, du Data Hub Santé, où sans appel d’offre de la part de l’administration, le cloud Amazon a été choisi pour héberger nos données hospitalières et de la CNAM (effisyn-sds). Mais ce ne sont pas les seules, pensez à tous vos objets connectés pour suivre votre poids, rythmes cardiaques, et autre paramètres biologiques… Lorsque vous utilisez une iWatch, c’est Apple qui a de plus en plus de connaissance sur vous et votre état de santé, si vous utilisez FitBit, c’est en fait Google… Et alors, me direz-vous ? Mais ces données peuvent être revendues à des assureurs ou toutes autres organisations qui auront besoin de ces données pour ajuster leur offre notamment tarifaire…

Votre Voix : Nos smartphones et tablettes, mais aussi nos ordinateurs et maintenant les enceintes « intelligentes » voient leur OS (Operating System) évoluer. Pour vous faciliter la vie, on vous a créé des assistants vocaux fonctionnant par IA… Le côté pratique de ceux-ci est contrebalancé par le fait que vous soyez écoutés en permanence (le parisien, Leguideinformatique), et qu’hélas comme l’ont démontrées des enquêtes récentes, ces conservations sont écoutées et conservées, dans le but « louable » ( ?) d’améliorer l’algorithme utilisé ..

Votre visage : Il y a deux sources principales de collectes de votre image : les réseaux sociaux où vous postez volontairement, où vos amis postent des photos de vous, et la vidéosurveillance. Si pour cette dernière, en France, nous sommes plutôt bien protégés légalement, qui nous garantit que ces données vidéos, ne sont pas utilisées à notre insu ? Pour les réseaux sociaux, c’est plus pernicieux, en effet les données que nous postons sur ces derniers, deviennent en partie propriété de la plateforme. Ceci a été bien illustré par le scandale de Clearview (numérama)

Que faire ?

La première chose à faire, est de prendre le temps de s’informer sur ces différentes thématiques. Nous ne pourrons effectivement pas bannir l’ensemble de ces outils de nos vies, car ils présentent aussi leurs intérêts.

Ensuite il faut prendre conscience de l’importance des enjeux, cesser d’être naïf et essayer de mettre un peu de cohérence entre nos actes et nos désirs. Qu’entends-je par être cohérent ? Arrêtez de penser que nos choix d’objets connectés ou d’applications n’ont pas d’impacts sur nos vies, et notamment sur l’économie et donc l’emploi. Remettre un peu de souveraineté, c’est aussi nous permettre de conserver des emplois qualifiés et à forte valeur ajoutée dans notre pays.

Mais choisir des solutions souveraines, c’est aussi pouvoir préserver nos valeurs culturelles et sociales. C’est en effet devenu un enjeu de puissance géopolitique (RFI)

Il faut qu’à titre individuel en tant que consommateur, on prenne conscience, que la gratuité n’est qu’un miroir aux alouettes, et qu’il faut enfin accepter de payer les applis ou services, à partir du moment où ils vous apportent la valeur attendue et la garantie que vous êtes en possession de vos données et le restez.

En tant que décideurs, de la sphère privée ou publique, il faut commencer à accepter de réserver une partie de son parc applicatif aux solutions souveraines, ce d’autant plus que souvent la qualité est au rendez-vous !

En tant qu’acteur du numérique, il est toujours temps si vous ne l’avez déjà fait de rejoindre le groupe des acteurs du numérique en action et leur appel du 9 avril 2020. L’autre piste que je voie, c’est la mise en place de structure d’investissement (fond de pensions français) afin de permettre à nos start-up ou entreprises numériques ou technologiques de trouver des financements qui ne soient pas des financements étrangers.

En conclusion

Nous sommes seulement à l’aube d’une prise de conscience des enjeux qui s’offrent à nous. On peut regretter qu’il ne s’agisse que d’un réveil tardif, mais ce n’est en aucun cas une raison pour baisser les bras. Mais nous avons les moyens d’agir, il existe des alternatives aux solutions des GAFAMs, à nous de peu à peu, apprendre à remplacer ces dernières par des applications qui sont plus soucieuses de vos données.

La France reste une terre propice à l’innovation, ce qu’il nous manque le plus ce sont les outils pour leur permettre de s’épanouir et de se développer en France. Engageons-nous dans cette voie ! Ce sont ces engagements qui nous permettront non seulement de défendre une activité économique à haute valeur ajoutée en France, mais qui permettrons aussi de continuer à défendre nos valeurs.

Agissons !

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